
L’enseignement par projet fait parler de lui en ce moment, mais ce n’est pas une mode nouvelle. On la pratiquait déjà au début du XXe siècle. Pourquoi les parents en raffolent-ils ? Comment les enseignants la vivent-ils ?

Dans l’apprentissage par projet, l’enfant prend en charge son propre apprentissage et l’enseignant devient un guide. Les rôles se sont inversés : le prof n’est plus juste celui qui parle et l’élève n’est plus passif. Ils interagissent différemment maintenant. C’est l’élève qui propose des idées et le professeur qui écoute et organise.
L’enseignement par projet : un besoin de changement
Sauf que cette nouvelle approche déstabilise. Le professeur sort de sa zone de confort et se pose des questions : “Vais-je devoir préparer davantage ?” “Comment évaluer ce que les élèves apprennent vraiment ?” Ces doutes ralentissent peut-être l’adoption de cette méthode chez nous.
Une chose est sûre : avec l’enseignement classique, les élèves qui ne rentrent pas dans le moule se retrouvent à la traîne, car la diversité y est moins facile à gérer. Et ceux qui tiennent bon perdent quelque chose d’essentiel : notre capacité à imaginer et à nous poser des questions.
Sur le même sujet : Financer ses soins de santé en 2026 : nouvelles solutions.
Le pédagogue britannique Ken Robinson a mené une expérience avec 1500 enfants pour tester leur “pensée divergente”. La pensée divergente, c’est notre capacité à voir plusieurs solutions à un même problème. Au départ, 98% d’entre eux excellaient dans ce domaine. Cinq ans plus tard, ce n’était plus que 50%. Dix ans après, ça avait encore chuté de moitié. Robinson a exposé ces résultats dans son livre Au-delà du point de rupture.
Ce n’est pas qu’on critique la méthode classique, mais elle ne correspond plus aux défis actuels. L’enseignant doit rivaliser avec les téléphones, Internet, Facebook, les jeux vidéo… Une approche où les enfants sont acteurs de leur apprentissage pourrait être la solution aux enjeux éducatifs d’aujourd’hui.
L’enseignement par projet : une invention moderne ?
Non. Comme on l’a dit, ce n’est pas du tout une idée du XXIe siècle. Des grands pédagogues comme Maria Montessori ont toujours misé sur une éducation constructiviste menée par l’enfant, où il se sent libre de développer ses talents dans un cadre créatif.
Personne ne peut être libre s’il n’est pas indépendant ; par conséquent, les premières manifestations actives de la liberté individuelle de l’enfant doivent être guidées de telle sorte que, grâce à cette activité, l’enfant puisse devenir indépendant.
Pour aller plus loin : Le top 5 des démaquillants qui vous laisseront un visage propre et éclatant.
Maria Montessori.
Face à des taux d’échec et d’abandon scolaires alarmants en fin de scolarité obligatoire, la communauté éducative s’est trouvée face à un enjeu majeur. Il a fallu agir, même si la réponse existait depuis presque un siècle.
Les enfants sont toujours des enfants, quelle que soit l’époque. Cette transition vers l’apprentissage collaboratif a ses opposants, mais les résultats et le temps devraient les convaincre.
Dans la même rubrique : Pourquoi porte-t-on encore les Palmes académiques ?.
Une lueur d’espoir
Les communautés d’apprentissage en sont la preuve. Ce sont des écoles qui se sont engagées à transformer leurs établissements en lieux d’enseignement coopératif où toute la communauté éducative participe à la formation des enfants et où les élèves prennent la responsabilité de leur éducation.
Elles ont réussi à lutter contre l’absentéisme et les difficultés de mixité en classe. Grâce au respect, à la tolérance et à des actions pertinentes, les élèves, leurs familles et les enseignants ont le sentiment que l’éducation prend du sens.
Dis-moi et j’oublie, enseigne-moi et je me souviens, fais-moi participer et j’apprends.
Benjamin Franklin.
